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J'ai reçu une mise en demeure de l'URSSAF, que faire ?

Le courrier qui réclame le paiement sous un mois, ce qu'il déclenche s'il reste sans réponse, et les quatre démarches ouvertes pendant ce délai

La mise en demeure est le courrier qui réclame le paiement d'une somme sous un mois. On peut la recevoir après un contrôle, mais aussi sans avoir jamais été contrôlé, simplement parce qu'une cotisation déclarée n'a pas été payée à temps (La relance en cas d'impayé simple (sans contrôle)). C'est la même procédure ensuite, dans les deux cas.

La portée de ce courrier

C'est la première étape légalement obligatoire de la procédure : aucune action ni poursuite en recouvrement ne peut avoir lieu sans mise en demeure préalable (L244-2). Recevoir ce courrier ne signifie donc pas qu'un huissier peut intervenir dans la foulée, il reste plusieurs étapes avant.

Son contenu est encadré. Elle doit préciser la cause, la nature et le montant des sommes réclamées, les majorations et pénalités qui s'y appliquent, ainsi que la période à laquelle elles se rapportent (R244-1), et permettre au cotisant de connaître la nature, la cause et l'étendue exacte de son obligation (L244-2).

Le délai est d'un mois

Le règlement est exigé dans le mois suivant la réception (La mise en demeure). Les majorations de retard déjà courues s'ajoutent aux sommes réclamées, à raison de 5 % du montant dû plus 0,2 % par mois ou fraction de mois écoulé depuis la date d'exigibilité (R243-16).

Quatre démarches ouvertes pendant ce délai

Payer. Une remise automatique des majorations existe, mais son délai se compte à partir de la date d'exigibilité de la cotisation, pas à partir de la mise en demeure : payer dans les trente jours suivant cette échéance, ou souscrire un plan d'apurement dans ce même délai et en respecter les termes, dispense des majorations de retard, à deux conditions, aucun retard constaté au cours des 24 mois précédents et un montant de majorations inférieur à la valeur mensuelle du plafond de la sécurité sociale (R243-11). Quand la mise en demeure arrive, ce délai est en général déjà passé. Reste alors la remise gracieuse, qui se demande et se décide au cas par cas, et n'est recevable qu'après règlement de la totalité des cotisations concernées ou souscription d'un plan d'apurement (R243-20, La remise gracieuse de majorations).

Demander un échéancier si le paiement en une fois est impossible. Le directeur de l'organisme de recouvrement peut accorder un échéancier de paiement ou un sursis à poursuites, contre des garanties qu'il apprécie lui-même, et la loi ne fixe aucune durée maximale (R243-21). La procédure de demande est détaillée dans Demander un délai de paiement ou un plan d'apurement, et la démarche n'interdit pas de contester en parallèle.

Contester devant la commission de recours amiable. La saisine doit intervenir dans les deux mois suivant la notification (R142-1). Ce passage est obligatoire avant toute saisine du tribunal. Point important : ce délai de deux mois n'est opposable que si la mise en demeure mentionnait explicitement le délai et les voies de recours (R142-1-A, motif détaillé dans Délai de recours non mentionné dans la notification).

Vérifier la régularité du courrier lui-même. Trois vérifications reviennent le plus souvent : la cohérence des montants avec la lettre d'observations quand la mise en demeure suit un contrôle (Nullité de la mise en demeure pour incohérence de montants), la présence des mentions obligatoires (R244-1), et l'ancienneté des cotisations réclamées (Prescription acquise sur tout ou partie du redressement).

Si le délai passe sans réaction

L'organisme peut décerner une contrainte (L244-9). Une fois notifiée ou signifiée, elle ouvre un délai de 15 jours seulement pour former opposition devant le tribunal judiciaire spécialement désigné (R133-3, La contrainte et l'opposition). Sans opposition dans ce délai, elle produit tous les effets d'un jugement et devient un titre exécutoire, qui autorise les saisies (L111-2, L'exécution forcée après une contrainte non contestée).

Aller plus loin

Chronologie complète, de l'échéance manquée à l'exécution forcée : Chronologie de l'impayé simple : de la….

Les règles de base, quelle que soit votre situation

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    Contacter l'Urssaf, même sans pouvoir payer

    Le directeur de votre organisme de recouvrement peut accorder un échéancier de paiement et un sursis à poursuites, sans durée maximale fixée par la loi (article R243-21).

    La demande se formule depuis votre espace en ligne, à n'importe quel stade, y compris quand vous ne pouvez rien verser aujourd'hui. Elle est motivée : origine des difficultés, ressources et charges actuelles, durée estimée.

    Sans démarche de votre part, la procédure continue vers la mise en demeure, la contrainte, puis la saisie.

    Les quatre demandes possibles
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    Déclarer dans les délais, au montant réel

    La déclaration et le paiement sont deux obligations distinctes (article L613-2). Déclarez à l'échéance, même sans verser : la remise automatique des majorations est réservée au cotisant qui respecte ses obligations déclaratives (article R243-11).

    Sans déclaration, les cotisations sont calculées d'office sur une base forfaitaire, majorée de 25 % par année non déclarée (article R613-1-2).

    Déclarer une partie seulement de son chiffre d'affaires entre dans la définition du travail dissimulé (article L8221-3). Un procès-verbal porte alors la prescription de trois à cinq ans (article L244-11).

    Déclarer sans pouvoir payer
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    Repérer le délai attaché au document reçu

    Chaque document a son propre délai : un mois pour payer après une mise en demeure (article L244-2), quinze jours pour s'opposer à une contrainte (article R133-3), deux mois pour saisir la commission de recours amiable (article R142-1), un mois pour contester une saisie-attribution (article R211-11).

    Un délai dépassé rend la contestation correspondante irrecevable. Les demandes de paiement restent possibles après.

    Le délai qui court dans votre dossier
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    Vérifier les mentions obligatoires avant de payer

    Une mise en demeure précise la cause, la nature et le montant des sommes réclamées, ainsi que la période concernée (article R244-1).

    Les délais et voies de recours ne vous sont opposables que s'ils figurent dans la notification (article R142-1-A). Un document incomplet devient un motif de contestation.

    Vérifier votre courrier
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    Vérifier la prescription avant de reconnaître la dette

    La reconnaissance d'une dette interrompt la prescription et fait repartir un délai entier de trois ans (article 2240 du Code civil).

    Sur une dette ancienne, les dates se vérifient avant l'envoi d'une demande d'échéancier. Cette vérification porte sur la dette ancienne, la déclaration de la période en cours reste due.

    Calculer la prescription