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La saisie-attribution sur compte bancaire

Blocage d'un compte au profit de l'URSSAF, ce que la banque doit laisser, et le délai d'un mois pour contester

C'est la mesure la plus fréquente quand une contrainte est devenue définitive, et celle qui surprend le plus : le cotisant l'apprend en général par sa banque, pas par l'URSSAF.

Les conditions à réunir

Trois conditions cumulatives (L211-1) : un titre exécutoire, une créance liquide, une créance exigible. Pour l'URSSAF, le titre est en général la contrainte à laquelle il n'a pas été fait opposition dans le délai, qui a alors « tous les effets d'un jugement » (L244-9, La contrainte et l'opposition).

Si l'un des trois manque, la saisie est attaquable. C'est le premier point à vérifier, avant même de discuter du montant.

Les effets immédiats de la saisie

L'acte de saisie emporte attribution immédiate de la créance au profit du créancier, à hauteur des sommes saisies (L211-2).

Deux conséquences que le texte énonce lui-même :

  • une saisie notifiée ensuite par un autre créancier, même privilégié, ne remet pas en cause cette attribution ;
  • l'ouverture ultérieure d'une sauvegarde, d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire non plus. Déposer le bilan après la saisie ne récupère pas les fonds déjà saisis.

La somme que la banque doit laisser

Le tiers saisi laisse à disposition du débiteur personne physique une somme à caractère alimentaire égale au montant forfaitaire du RSA pour un allocataire seul, dans la limite du solde créditeur au jour de la saisie (L162-2, R162-4).

Ce solde bancaire insaisissable n'a pas à être demandé, il s'applique de plein droit.

Le solde saisi n'est pas figé le jour de la saisie : pendant quinze jours ouvrables, des opérations dont la date antérieure est prouvée peuvent encore le corriger au crédit comme au débit (L162-1). C'est pourquoi rien n'est libéré immédiatement.

Contester : un mois, et une double formalité

Le délai est d'un mois à compter de la dénonciation de la saisie au débiteur, à peine d'irrecevabilité (R211-11, principe posé par L211-4).

Saisir le juge ne suffit pas. Sous la même sanction, la contestation doit être dénoncée le jour même, ou au plus tard le premier jour ouvrable suivant, par lettre recommandée avec avis de réception, au commissaire de justice qui a procédé à la saisie. C'est l'erreur la plus courante sur ce recours.

En cas de contestation, le paiement au créancier est différé, sauf si le juge autorise le paiement pour une somme qu'il détermine (L211-5). Les fonds restent bloqués sur le compte, mais ils ne partent pas.

Si le délai d'un mois est passé

Tout n'est pas perdu au fond : le débiteur qui n'a pas contesté dans le délai peut agir en répétition de l'indu devant le juge du fond compétent, mais à ses frais (L211-4, troisième alinéa). C'est plus long, plus coûteux, et cela ne suspend pas le paiement.

Voie parallèle propre aux organismes sociaux

L'URSSAF dispose aussi de l'opposition à tiers détenteur, qui n'est pas une saisie-attribution et obéit à ses propres règles, voir L'opposition à tiers détenteur.

Motifs de contestation liés

Saisie inutile ou abusive

Étape précédente

La contrainte et l'opposition

Les règles de base, quelle que soit votre situation

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    Contacter l'Urssaf, même sans pouvoir payer

    Le directeur de votre organisme de recouvrement peut accorder un échéancier de paiement et un sursis à poursuites, sans durée maximale fixée par la loi (article R243-21).

    La demande se formule depuis votre espace en ligne, à n'importe quel stade, y compris quand vous ne pouvez rien verser aujourd'hui. Elle est motivée : origine des difficultés, ressources et charges actuelles, durée estimée.

    Sans démarche de votre part, la procédure continue vers la mise en demeure, la contrainte, puis la saisie.

    Les quatre demandes possibles
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    Déclarer dans les délais, au montant réel

    La déclaration et le paiement sont deux obligations distinctes (article L613-2). Déclarez à l'échéance, même sans verser : la remise automatique des majorations est réservée au cotisant qui respecte ses obligations déclaratives (article R243-11).

    Sans déclaration, les cotisations sont calculées d'office sur une base forfaitaire, majorée de 25 % par année non déclarée (article R613-1-2).

    Déclarer une partie seulement de son chiffre d'affaires entre dans la définition du travail dissimulé (article L8221-3). Un procès-verbal porte alors la prescription de trois à cinq ans (article L244-11).

    Déclarer sans pouvoir payer
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    Repérer le délai attaché au document reçu

    Chaque document a son propre délai : un mois pour payer après une mise en demeure (article L244-2), quinze jours pour s'opposer à une contrainte (article R133-3), deux mois pour saisir la commission de recours amiable (article R142-1), un mois pour contester une saisie-attribution (article R211-11).

    Un délai dépassé rend la contestation correspondante irrecevable. Les demandes de paiement restent possibles après.

    Le délai qui court dans votre dossier
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    Vérifier les mentions obligatoires avant de payer

    Une mise en demeure précise la cause, la nature et le montant des sommes réclamées, ainsi que la période concernée (article R244-1).

    Les délais et voies de recours ne vous sont opposables que s'ils figurent dans la notification (article R142-1-A). Un document incomplet devient un motif de contestation.

    Vérifier votre courrier
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    Vérifier la prescription avant de reconnaître la dette

    La reconnaissance d'une dette interrompt la prescription et fait repartir un délai entier de trois ans (article 2240 du Code civil).

    Sur une dette ancienne, les dates se vérifient avant l'envoi d'une demande d'échéancier. Cette vérification porte sur la dette ancienne, la déclaration de la période en cours reste due.

    Calculer la prescription