La remise gracieuse de majorations
Le seul recours recevable après avoir payé, ou après avoir souscrit un plan d'apurement
Le seul recours qui suppose d'avoir déjà payé
Contrairement aux autres recours de ce site, qui contestent avant paiement, la remise
gracieuse ne devient recevable qu'après règlement intégral des cotisations ayant donné lieu
aux majorations, ou après souscription d'un plan d'apurement
(R243-20). Si un plan d'apurement a été souscrit, la décision
de remise peut intervenir avant son paiement complet, mais elle n'est acquise que si le plan est
respecté jusqu'au bout (Demander un délai de paiement ou un plan d'apurement).
La différence avec la remise automatique
Ne pas confondre avec la remise automatique des majorations
(R243-11), qui s'applique sans démarche si les cotisations
sont payées dans les 30 jours et sans retard dans les 24 mois précédents. La remise gracieuse
est une demande : discrétionnaire, motivée, à formuler explicitement.
Qui décide
Le directeur de l'organisme de recouvrement statue sur les demandes portant sur des montants inférieurs à un seuil fixé par arrêté ministériel. Au-delà de ce seuil, c'est la commission de recours amiable elle-même qui statue, sur proposition du directeur (La commission de recours amiable (CRA)), le même organe que pour contester le fond d'un redressement, dans un rôle différent ici. Les décisions, dans un cas comme dans l'autre, sont motivées.
Ce seuil est fixé par l'Arrêté du 9/12/1999. Pour un
travailleur indépendant demandant la remise sur ses cotisations personnelles, il est de 5 % du
plafond annuel de la sécurité sociale, soit 2 403 € pour 2026 (plafond annuel de 48 060 €).
Le seuil de 50 % que l'on lit souvent est celui de l'article 1er, qui vise les cotisations
assises sur les rémunérations de salariés, pas la situation traitée ici.
Deux précisions qui changent le calcul. Le seuil porte sur le montant des majorations et pénalités seules, pas sur la dette totale : 900 € de majorations sur une dette de 12 000 € restent sous le seuil. Et il s'apprécie mise en demeure par mise en demeure.
Une limite importante
La majoration complémentaire de 0,2 % par mois de retard ne peut être remise que si les cotisations ont été payées dans les 30 jours suivant la date d'exigibilité, ou, à titre exceptionnel, en cas d'événement présentant un caractère irrésistible et extérieur. Passé ce délai de 30 jours, cette part de la majoration reste due même en cas de remise accordée sur le reste.
Étape précédente
Se situe après La mise en demeure, La contrainte et l'opposition ou
Demander un délai de paiement ou un plan d'apurement selon le moment où le paiement intervient, voir la vue
d'ensemble dans Les recours disponibles, étape par étape.
Modèle de courrier
Les règles de base, quelle que soit votre situation
- 1Contacter l'Urssaf, même sans pouvoir payer
Le directeur de votre organisme de recouvrement peut accorder un échéancier de paiement et un sursis à poursuites, sans durée maximale fixée par la loi (article R243-21).
La demande se formule depuis votre espace en ligne, à n'importe quel stade, y compris quand vous ne pouvez rien verser aujourd'hui. Elle est motivée : origine des difficultés, ressources et charges actuelles, durée estimée.
Sans démarche de votre part, la procédure continue vers la mise en demeure, la contrainte, puis la saisie.
Les quatre demandes possibles - 2Déclarer dans les délais, au montant réel
La déclaration et le paiement sont deux obligations distinctes (article L613-2). Déclarez à l'échéance, même sans verser : la remise automatique des majorations est réservée au cotisant qui respecte ses obligations déclaratives (article R243-11).
Sans déclaration, les cotisations sont calculées d'office sur une base forfaitaire, majorée de 25 % par année non déclarée (article R613-1-2).
Déclarer une partie seulement de son chiffre d'affaires entre dans la définition du travail dissimulé (article L8221-3). Un procès-verbal porte alors la prescription de trois à cinq ans (article L244-11).
Déclarer sans pouvoir payer - 3Repérer le délai attaché au document reçu
Chaque document a son propre délai : un mois pour payer après une mise en demeure (article L244-2), quinze jours pour s'opposer à une contrainte (article R133-3), deux mois pour saisir la commission de recours amiable (article R142-1), un mois pour contester une saisie-attribution (article R211-11).
Un délai dépassé rend la contestation correspondante irrecevable. Les demandes de paiement restent possibles après.
Le délai qui court dans votre dossier - 4Vérifier les mentions obligatoires avant de payer
Une mise en demeure précise la cause, la nature et le montant des sommes réclamées, ainsi que la période concernée (article R244-1).
Les délais et voies de recours ne vous sont opposables que s'ils figurent dans la notification (article R142-1-A). Un document incomplet devient un motif de contestation.
Vérifier votre courrier - 5Vérifier la prescription avant de reconnaître la dette
La reconnaissance d'une dette interrompt la prescription et fait repartir un délai entier de trois ans (article 2240 du Code civil).
Sur une dette ancienne, les dates se vérifient avant l'envoi d'une demande d'échéancier. Cette vérification porte sur la dette ancienne, la déclaration de la période en cours reste due.
Calculer la prescription